Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de la raie.
Nous l’appellerons Jin. Parce que la Régine… bon… même Éric n’a pas compris tout de suite celle-là.
Pour commencer, il faut savoir une chose : une raie, c’est tout simplement un requin aplati.
Oui, oui. Même famille, même grande lignée, mais version crêpe.
Une grande famille menacée
Les raies font partie du groupe des chondrichtyens, les poissons cartilagineux, comme :
les requins
les chimères
et environ 800 autres espèces
Tous sont aujourd’hui en danger à cause :
de la surpêche
de la pollution
de la destruction des habitats
Dans les Antilles, une association basée en Guadeloupe, Kap Natirel, a recensé :
38 espèces de requins
12 espèces de raies
1 espèce de chimère
En Martinique, on ne croise quasiment jamais de requins ni de chimères…
En revanche, les raies sont de plus en plus présentes — et c’est une très bonne nouvelle.
On y rencontre notamment :
la raie pastenague
la raie aigle-léopard
la raie torpille (ou raie électrique)
Portrait de famille
Toutes les raies ont à peu près la même silhouette : plates comme des carpettes.
Leur corps, qu’on appelle le disque, peut mesurer :
jusqu’à 1,50 m de diamètre pour les raies aigles
environ 1 m pour les pastenagues
et seulement 60 cm pour les raies électriques
Le dessus est souvent coloré :
beige pour la pastenague
noir tacheté de blanc pour l’aigle-léopard
brun pour l’électrique
Le dessous, lui, est beaucoup plus clair, parfois presque blanc.
Les yeux sont placés sur le dessus, avec deux petites ouvertures appelées spiracles, qui servent à respirer pendant qu’elles fouillent le sable à la recherche de nourriture.
Au menu de Jin
Les raies mangent principalement :
mollusques
crustacés
vers
parfois des oursins
La pastenague utilise ses nageoires pour plaquer ses proies dans le sable avant de les broyer avec sa puissante mâchoire.
La raie aigle, elle, peut s’attaquer à des proies plus grosses, y compris de beaux poissons, qu’elle détecte grâce à des organes sensoriels très développés.
La vie amoureuse des raies
Jin atteint sa maturité sexuelle entre 4 et 6 ans.
Chez les raies (et les requins), les mâles possèdent deux organes copulateurs appelés ptérygopodes, issus des nageoires pelviennes enroulées. (Oui, ça peut faire rêver.)
L’accouplement se fait ventre à ventre et ne dure… pas plus de deux minutes. Bon, ça casse un peu le mythe.
Petite différence de comportement :
la raie aigle peut s’accoupler avec plusieurs mâles d’affilée
le mâle pastenague, jaloux, sécrète une substance qui bloque temporairement l’appareil reproducteur de la femelle
Une véritable ceinture de chasteté naturelle.
Peu d’enfants, et c’est bien le problème
Les raies sont ovovivipares : les œufs se développent et éclosent dans le ventre de la femelle.
La gestation dure :
de 4 à 12 mois selon les espèces
Chaque femelle donne naissance :
à 1 à 4 petits seulement
➡️ Cette faible fécondité explique en grande partie la raréfaction des raies.
Dangereuse ou pas ?
Pour la plupart des raies, la queue ne sert pas à grand-chose.
Mais pour :
la pastenague
la raie aigle
…c’est une arme redoutable.
Leur aiguillon peut mesurer jusqu’à 30 cm et peut transpercer une coque en bois.
Autant dire que dans un mollet, ça fait très, très mal.
La raie n’est pas agressive, mais si vous lui marchez dessus, elle se défend.
En cas de piqûre :
le venin est thermolabile → eau chaude
ne pas retirer le dard s’il est cassé
consulter rapidement
Les raies perdent leurs dards tous les 8 à 12 mois, on peut donc en trouver dans le sable : attention où vous mettez les pieds.
Le cas particulier de la raie électrique
La raie torpille n’a pas de dard.
Mais c’est… une pile vivante.
Elle peut produire des décharges de :
12 à 200 volts
dépassant parfois 30 ampères
(Éric, ingénieur en génie nucléaire, confirme : c’est colossal. Un fusible domestique, c’est 16 A.)
Après une décharge, il lui faut quelques minutes pour recharger ses batteries.
Bon… il va quand même falloir en capturer quelques-unes si on veut remplacer les centrales nucléaires.
Ce que la mer nous apprend
Sous ses airs de crêpe volante, Jin est :
ancienne
fragile
précieuse
et parfaitement adaptée à son monde.
Comme souvent, ce sont les créatures les plus discrètes qui racontent les plus belles histoires.
Morale
“T’as beau être la cousine des requins,
Si t’es tanquée comme une planche à pain,
C’est pas demain que tu feras la star chez Spielberg.”
(Et oui, la rime est toujours aussi mauvaise.)
Conclusion
Voilà l’histoire de Jin la raie.
Cousine aplatie des requins, élégante, mystérieuse… et bien plus intéressante qu’une simple carpette.
Si vous aussi vous avez envie de vivre ce genre de moment…